«&nbs p;À El Kantara, où je m’attarder ais deux jours, le printemps naissait sous les palmes, les abricotier s étaient en fleurs,
bo urdonnant d’abeilles ; les eaux abreuvaien t les champs d’orge&nbs p;; et rien ne se pouvait imaginer de plus clair que ces floraisons blanches abritées par les hauts palmiers, dans leur ombre abritant, ombrageant à leur tour les céréales. Nous passâmes dans cet éden deux jours paradisiaq ues, dont le souvenir n’a rien que de souriant et de pur. »
C’est ainsi dont parlait André GIDE au XIX siècle de cette cité que l’on dit fondée par les compagnons d’Héraclès .

EL KANTARA, le site
El Kantara est une petite localité bien tranquille d’environ 10 000 habitants située dans la wilaya de Biskra, dans le sud-ouest des Aurès, à mi-chemin entre Biskra et Batna.. Elle est pleine de contrastes . Il neige à une vingtaine de kilomètres plus au nord (en hiver), et de majestueus es dunes de sable sont à une soixantain e de kilomètres un peu plus au sud où la températur e en été peut frôler parfois les 50°C.
À l’époque romaine, elle était un centre urbain connu sous le nom de Calceus Herculis. Certains affirment que c’étaient les Romains qui avaient ouvert un passage à travers les montagnes. Il n’en demeure pas moins que l’on leur doit ce magnifique pon, construit pour faciliter les déplacemen ts des personnes et des marchandis es. Légendes, de ponts merveilleu x comme il en existe partout, sur tous les continents
À l’époque romaine, elle était un centre urbain connu sous le nom de Calceus Herculis. Les historiens affirment que c’étaient les Romains qui avaient ouvert un passage à travers les montagnes et avaient bâti le fameux pont pour faciliter les déplacemen ts des personnes et des marchandis es.
Des études ont démontré que les habitants d’El-Kanta ra sont d’origine berbère car de nombreuses appellatio ns qui s’y trouvent le confirment . Par exemple&nb sp;: « Oue d Aghroum&nb sp;» qui veut dire « La rivière de la galette&nb sp;» qui symbolise que l’oued est une source de subsistanc e et de vie. Quant aux Arabes, ils se sont implantés dans cette région sous forme de tribus au VIIe siècle à l’époque des conquêtes islamiques sous le commandeme nt du glorieux conquérant Tariq ibn Ziyad. En 1048, le nombre d’Arabe s’est accru après l’invasion des tribus des Béni Hillal et des Béni Soleïm qui venaient de la Haute-Égyp te et se dirigeaien t vers la Kalaa des Beni Hamad pendant l’ère des Fatimides.

EL KANTARA, ville touristiqu e
E l KANTARA, paisible localité, bâtie au pied d’une imposante muraille offre au visiteur une gamme exceptionn elle d’attraits dans un magnifique cadre naturel.
En effet, en s’y rendant, les touristes découvrent les imposantes montagnes qui dominent de très haut le paysage et avec ses éblouissan tes gorges qui annoncent de loin la féerie de cette ville. En franchissa nt ces spectacula ires falaises, ils restent ébahis devant la vaste palmeraie qui constitue un magnifique tapis vert parant tout le panorama. Au milieu de cet admirable tableau naturel coule en silence et en toute douceur une rivière au bas des montagnes et à travers la palmeraie.
En plus des paysages, les touristes peuvent visiter le musée Lapidaire, qui abrite modestemen t de multiples témoignage s de la présence romaine à EL KANTARA. Ils peuvent aussi prendre des photos sur le pont aux origines romaines, remanié et dénaturé maintes fois par le génie militaire français et où Napoléon III avait eu l’audace de faire graver son visage et son nom comme preuve de son passage par cet endroit.
Les touristes peuvent aller à la rencontre des différents quartiers de ce village et en particulie r le village rouge  ;: Dechra. Ils peuvent arpenter ses étroites ruelles qui serpentent à travers d’ancienne s bâtisses en toubes. Elles semblent se dresser avec peine comme pour témoigner d’une époque lointaine. Sans oublier de faire des randonnées à Eskhoun « ad duo flumina&nb sp;» et apprécier les ruines qui s’y trouvent.
EL KANTARA est unique dans son genre. Elle ne laisse jamais le touriste indifféren t à ses charmes. Elle l’envoûte, l’ensorcel le et le fascine si bien qu’il la quitte avec un profond regret qui s’intensif ie au fur et à mesure qu’il s’éloigne d’elle. Toutefois, les plus beaux souvenirs sculptés dans le plus profond de sa mémoire attisent sa nostalgie et la métamorpho se en grande satisfacti on.
Les légendes des gorges
Nombre uses sont les légendes qui racontent les raisons de la présence de l’étroite déchirure au milieu de la gigantesqu e muraille de rochers ( Les gorges ). D’après une légende romaine, cette brèche était l’œuvre d’un coup de talon ( CALCEUS ) d’ Hercule ( HERCULIS ).
Une autre légende mais cette fois arabe qui dit que c’était l’épée ( Dhou El Fikar ) ALI Ibnou Abi Taleb (QDSSL) qui a tranché la montagne en deux.

El KANTARA, l’Eden
Outre André Gide, Eugène Fromentin , comme tant d’autres artistes, décrit parfaiteme nt cet havre de paix ancré dans les Aurès
« EL KANTARA le pont garde le défilé et pour ainsi dire l’unique porte par où l’on puisse, du Tell, pénétrer dans le Sahara. Ce passage est une déchirure étroite, qu’on dirait faite de main d’homme, dans une énorme muraille de rochers de trois ou quatre cents d’élévatio n. Le pont, de constructi on romaine, est jeté en travers de la coupure. Le pont franchi, et après avoir fait cent pas dans le défilé, vous tombez, par une pente rapide, sur un charmant village, arrosé par un profond cours d’eau et perdu dans une forêt de plusieurs milliers de palmiers. Vous êtes dans le Sahara. Au delà s’élève une double rangée de collines dorées, derniers mouvements du sol, qui, douze lieues plus loin, vont expirer dans la plaine immense et plate du petit désert d’Angad, premier essai du grand désert. Grâce à cette situation particuliè re, EL KANTARA, qui est, sur cette ligne, le premier des villages sahariens, se trouve avoir ce rare privilège d’être un peu protégé par sa forêt contre les vents du désert, et de l’être tout à fait contre ceux du nord par le haut rempart de rochers auquel il est adossé.
Aussi, est-ce une croyance établie chez les Arabes que la montagne arrête à son sommet tous les nuages du Tell, que la pluie vient y mourir, et que l’hiver ne dépasse pas ce pont merveilleu x, qui sépare ainsi deux saisons, l’hiver et l’été, deux pays, le Tell et le Sahara, et ils en donnent pour preuve que, d’un côté la montagne est noire et couleur de pluie, et de l’autre, rose et couleur de beau temps.&nbs p;»

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